dimanche 16 avril 2017

Atelier d'écriture – 6

Huit participants, seize mots : précipitation, senteur, impatience, trou, trompette, ça va, journaliste, attente, stop, fleurs, réconciliation, élégant, air, ramoneur, ça va pas, soupir.

Une senteur de charbon avait envahi l'air : le ramoneur était passé. Il s'était annoncé à coups de trompette et avait officié. Il avait conclu le nettoyage du conduit de la cheminée d'un tonnant "Ça va aller, maintenant !" Après avoir une dernière fois vérifié le trou du conduit, il était parti sans précipitation.
Elle poussa un soupir d'impatience : le journaliste de son cœur devait arriver sous peu et, dans cette attente, elle ouvrit la fenêtre et posa un vase de fleurs sur la table du salon, avant de se raviser. "Ça va pas du tout comme ça, il sera mieux là", dit-elle en le posant sur le manteau de la cheminée.
Ils s'étaient âprement disputés à leur dernier rendez-vous et elle espérait une réconciliation.
Il se présenta à la porte, plus élégant que jamais, cachant quelque chose dans son dos.
— Stop, dit-il, avant même qu'elle ouvre la bouche, oublions tout cela, et de lui offrir un bouquet de tulipes marbrées – ses préférées.

samedi 8 avril 2017

Atelier d'écriture – 5

Dix participants, un mot par personne : douceur, soin, oiseau, soleil, promenade, oreille, neige, crémaillère, récompense, rigoler.

Elle sortit profiter de la douceur du temps et tendit l'oreille aux trilles d'un oiseau. Le souvenir des jours gris de neige s'éloignait, elle accueillait le soleil comme une récompense. Elle avait pris soin de se vêtir joliment : sa promenade la conduisait chez des amis qui pendaient leur crémaillère. Elle avait l'intention d'y passer un bon moment, d'y bien rigoler.

mardi 4 avril 2017

Exercice de style

Je me souviens du premier areuh distinct de ma fille. Nous étions dans la rue des Orteaux et je la portais sur mon ventre. Elle avait un mois tout au plus.
Je me souviens quand les cheveux ont commencé à remplacer son duvet de bébé. Lorsqu'un souffle d'air passait il soulevait ce mélange de cheveux et de duvet, lui donnant l'air d'un poussin ébouriffé.
Je me souviens du jardin de mes grands-parents. Les plantations avaient été pensées pour qu'il fleurisse tout au long de l'année.
Je me souviens de leur fierté quand il fut classé hors concours aux Villages fleuris.
Je me souviens de l'odeur de leur maison.
Je me souviens de vacances chez eux. L'été ils m'emmenaient me baigner au bord d'un étang.
Je me souviens de mes promenades à vélo lorsque j'allais chez eux. Quelle que soit la direction prise on roulait en faux plat, le vent dans la face.

vendredi 31 mars 2017

Atelier d'écriture – 4

Huit participants, cette fois, quinze mots : rivière, chignon, tourbillon, sortie, le sacré, liberté, famille, perdu(e), incompréhension, ensoleillé(e), amour, harmonie, terre, grenouille, éveillé(e).

Elle s'était longuement préparée pour cette sortie et avait pour finir relevé ses cheveux en un joli chignon. La sensation de liberté donnée par le grand air et la nature éveillée par le printemps n'avait pas duré.
Elle songeait à l'amour que lui portait sa famille mais aussi à l'incompréhension dans laquelle baignaient leurs relations et qui reflétaient tout sauf l'harmonie.
Sur le chemin ensoleillé elle aperçut une grenouille. Elle avait d'abord longé la rivière mais, prise dans le tourbillon de ses pensées, s'était perdue.

Exercice pas totalement réussi, je n'ai pas su caser le sacré...

mardi 28 mars 2017

Exils

Hommage aux exilés, aux réfugiés.
Encres et feutre noir.
 
Encre, feutre noir, gouache.
 
Encres, mine graphite, feutre noir.
 
Encres, mine graphite, feutre noir.
 
Mine graphite.
 
Mine graphite.
 
Mine graphite.
 Pastels secs.
 Mine graphite, lavis d'aquarelle.
 Mine graphite, lavis d'aquarelle, feutre noir, feutre waterproof.
  Mine graphite, lavis d'aquarelle, feutre noir, feutre waterproof.
  Mine graphite, lavis d'aquarelle, feutre noir, feutre waterproof.
 Mine graphite, lavis d'aquarelle, feutre noir, feutre waterproof.

Mine graphite, lavis d'aquarelle, feutres de couleur.
Encre de Chine, gouache, découpages.
 Mine graphite, lavis d'aquarelle.
 Mine graphite, lavis d'aquarelle.
Mine graphite.
 Mine graphite, lavis d'aquarelle, feutres de couleur.
 Mine graphite, feutre waterproof, feutre noir.
Mine graphite, lavis d'aquarelle.

vendredi 24 mars 2017

Atelier d'écriture – 3

Huit participants, cette fois-ci, seize mots : itinéraire, promenade, cactus, dictionnaire, chouette, carnaval, lune, reclus(e), tempête, rayure, orange, jupette, masque, miroir, splendeur, mirage.

Après un grand mois recluse, elle sortit en promenade. Aidée des cartes de son dictionnaire encyclopédique, elle s'était préparé un chouette itinéraire.
Elle avait seulement oublié que c'était jour de carnaval.
Vite, vite, elle retourna chez elle, enfila une jupette ornée de cactus, un maillot barré d'une rayure orange, se para d'un masque et regarda son reflet dans le miroir.
Une tempête intérieure l'envahit que seule l'apparition de la lune dans toute sa splendeur, tel un mirage, parvint à apaiser.

vendredi 10 mars 2017

Atelier d'écriture - 2

Six participants, deux mots par personne : fantôme, retrouvailles, randomisation, parapluie, visite, changement, jardin, guirlande, aveugle, rose, cerisiers, balade.

Tel un fantôme elle se balade dans le jardin, au milieu des cerisiers dont les fleurs d'un rose délicat annoncent de belles guirlandes de fruits. Un parapluie la protège de la brume qui l'entoure et l'aveugle. 
Elle attend une visite, des retrouvailles, en quelque sorte, qui lui annonceraient un changement, au hasard des jours à venir, comme une randomisation.

samedi 4 mars 2017

Les assistés

«Chez les Français, pourtant largement majoritaires au Sud, la situation était inverse : c'étaient les “assistés” les plus nombreux. Ce mot, “assisté”, sorti tout droit de la bouche d'un lascar ancien de centrale (celle de Clairvaux), avait comme la “gaufre” été adopté d'emblée par la communauté française. “Je t'assiste”, “Tu m'assistes”, “Il m'assiste”, du matin au soir on conjuguait le verbe. Et ce n'était pas une image car il y en avait maintenant un bon paquet, des gars qui pouvaient se payer le luxe de nourrir un, deux et même trois amis, et ils n'étaient pas tous voyous ou girons, loin de là. Comme par enchantement, de la masse des tondus venus de France, étaient sortis, à la demande, tailleurs, coiffeurs, cuisiniers, plombiers, électriciens, menuisiers, jardiniers, traducteurs, comptables... en gros tous les corps de métier nécessaires à la bonne marche d'une cité.
Ils savaient tout faire, ces débrouillards de Français ! Les planques du camp au complet, du Revier à la cuistance en passant par la lingerie, les douches et la Schreibstube, ils les tenaient toutes maintenant, et personne ne songeait à les en déloger, tellement ils faisaient bien l'affaire.
Quelle revanche pour ces Franzosen qu'on avait humiliés, écrasés pendant des mois comme la lie de l'humanité !
Scheisse Franzosen, Dreckmann, feignants, incapables, tas de merde”, ça n'avait pas arrêté pendant des mois et des mois. Ils l'avaient piétinée, la France, et craché dessus comme c'était pas possible, et voilà que, sans qu'elle fasse rien pour, à la traîne qu'elle était dans le casse-pipes mondial, elle devenait digne d'intérêt ! Ses trois cents enfants rassemblés au Sud depuis bientôt un an en étaient l'échantillon parfait, mieux qu'une circonscription électorale puisqu'ils venaient de partout, des villes et des campagnes, de Paris, de Bretagne, du Midi, de l'Est et même d'Afrique du Nord. Toutes les corporations étaient représentées : militaires de carrière, avocats, journalistes, notaires, commerçants, artistes, agriculteurs, ouvriers, étudiants, écoliers même. Sans parler du contingent truand si bien fourni. C'était vraiment la France entière, mais ce qu'il y avait d'exceptionnel dans cette assemblée d'hommes et qui n'existait ni dans l'armée ni dans les stalags, c'était qu'à Loibl on trouvait tous les âges. Trois générations, du grand-père de soixante et quelques au gamin de dix-sept ans. Et alors que, vivant collés les uns aux autres depuis tant de mois, ils ne se connaissaient que par leur surnom ou le nom de leur bled, voilà que d'un coup ils se mettaient à tout dire sur leur vie, leur famille, leur métier. Dans les petites bandes qui s'étaient constituées, nul, maintenant, n'ignorait le nombre d'enfants que l'autre avait laissés là-bas en France, ni le prénom ni l'âge de sa femme, comment elle était roulée, ce qu'elle savait le mieux faire, etc. Chacun donnait mille détails sur son boulot, son patelin natal, sa maison, mais où les confidences se faisaient plus complètes, c'était sur le motif de l'arrestation. Pendant un an tout le monde l'avait prudemment bouclée et, sauf quelques raflés honteux qui pour être dans la note truande s'étaient fabriqué des histoires de casse et de braquage imaginaires et tentaient maintenant de faire machine arrière, les autres, fiers d'eux et sûrs de la victoire, se déboutonnaient totalement.» pp. 267-268

Le Tunnel
André Lacaze
Julliard


Une lecture dérangeante, bouleversante, parfois insoutenable, pour ne pas oublier ce passé encore récent dont les témoins disparaissent peu à peu à leur tour.
Peu connu en France, le Loibl-Pass était un camp annexe de Mauthausen, situé dans les Karawanken, à la frontière de l'Autriche et la Slovénie. Entre 1943 et 1945, quelque deux mille hommes, dont beaucoup de politiques français, mais aussi des civils enrôlés de force, y creusèrent malgré les coups, la faim, le froid et les exécutions sommaires un tunnel de 1 570 mètres de long, à 1.068 mètres d'altitude. Le camp fut réparti en deux sous-camps, l'un situé au nord, côté autrichien (dès juin 1943), l'autre au sud, côté yougoslave (à partir d'avril 1944), de façon à percer la montagne de chaque côté. La jonction des deux tunnels eut lieu en décembre 1943. Les travaux étaient faits pour le compte de l'entreprise autrichienne Universale Hoch und Tiefbau AG. Ce tunnel, dont le premier projet remonte à 1560, devait faciliter le passage des troupes de la SS et de la Wehrmacht. Il permet de nos jours aux touristes, principalement allemands et autrichiens, de passer des fins de semaine ou des vacances à la neige.
Après la libération du camp, le 8 mai 1945 par les partisans titistes, cent vingt de ses anciens détenus choisirent de poursuivre le combat et formèrent  une unité combattante qu'ils nommèrent la Brigade Liberté (à ce propos voir, ou plutôt lire, le livre de Daphné Dedet et Christian Teissier, Du Loibl-Pass à la Brigade Liberté, voir à cette adresse).


vendredi 24 février 2017

Atelier d'écriture - 1

Six participants, deux mots par personne : printemps, corriger, musique, cœur, amour, transformation, illusions, oiseaux, montagne, voisins, meurtri, beauté.

Le printemps s'en vient, mais sa beauté
N'arrive pas à panser mon cœur meurtri. 
Tout cela n'est-il pas qu'illusions ?
Le chant des oiseaux corrigera-t-il ma mélancolie ?
L'amour de la musique, la gentillesse des voisins, des amis,
Parviendront-ils à me transformer ?
Pourquoi ne pas partir à la montagne, changer d'air...

lundi 23 janvier 2017

Portraits féminins


Cinq cents ans de portraits féminins dans l'art occidental parcourus en à peine trois minutes.

mercredi 18 janvier 2017

Disparaître

«Tout doit disparaître» est le thème commun aux ateliers Beaux-Arts cette année. Nous avons commencé par nous plier à la demande mais, rapidement, le prof nous a dit ne pas aimer l'obligation et l'injonction comprises dans la phrase, et nous n'en avons conservé que le dernier mot.


Mine graphite, feutres noirs, aquarelle.

Quand Claudia vient prendre la pose, un tableau d'Ingres s'anime sous nos yeux. La façon dont les diverses postures ont été croquées, ajoutée à celle dont elle s'est drapée dans le non-tissé, permet de jouer avec les fragments, les effets de transparence, de mise en avant et de disparition de certaines parties de son corps.

Mine graphite, aquarelle.
Des quatre poses ici reproduites, celle-là avait ma préférence.
Le prof a mieux aimé celle-ci.
Fusain, sanguine, carrés Conté, aquarelle.
Fusain, sanguine, carré Conté.
Mine graphite, feutre noir waterproof, aquarelle.
Mine graphite, feutre noir waterproof, aquarelle.
Encre de Chine, gouache, aquarelle, carré Conté.
Fusain, gouache, aquarelle, carré Conté. Les auréoles sont dues au fixatif.
Mine graphite, aquarelle, feutres waterproof et noir.
 Encre de Chine, gouache, bouts de fils et microchutes de tissus jolis.

J'avais commencé par habiller la silhouette de Gwenaël de papier de soie mais, insatisfaite du rendu, je l'ai arraché. Le résultat me convient bien mieux.

 Encre de Chine, gouache.
 Encre de Chine, feutres waterproof et noir.

samedi 14 janvier 2017

Salade rouge

-1 petit oignon
- vinaigrette
- 2 CàS de humous
- 1 poignée de graines de courge
- 1 poignée de cerneaux de noix
- 100 g de féta (environ un demi-paquet)
- 2 grosses carottes
- 1 radis noir de taille moyenne
- 1 betterave crue, également de taille moyenne


Émincer l'oignon et préparer la vinaigrette (6 CàS d'huile d'olive, 2 CàS de vinaigre de cidre et 1 CàS de vinaigre balsamique, 1 pointe de moutarde de Dijon, herbes de Provence, sel aromatisé, poivre). Ajouter le humous, la féta, les graines de courges et les cerneaux de noix. Brosser les carottes et peler le radis noir et la betterave crue avant de les râper gros dans le saladier. Déguster accompagné d'une portion de tarte au fromage de chèvre, de falafels ou autres galettes végétales. Bon appétit !

mardi 10 janvier 2017

Histoire(s) de soi, histoire(s) de l'autre – Cadavre exquis

Pour clore la série, ce cadavre exquis donne un aperçu des textes de tout le groupe. La salle était plongée dans une quasi-pénombre et la caméra n'a pu capter la faible lumière du moment. Restent les mots.



L'année passée a vu la classe de la douce s'impliquer dans ce projet en partenariat avec la Maison du geste et de l'image et la Ville. Ses professeures de français et de mathématiques, l'écrivaine Carole Achache et la photographe Chloé Devis ont conduit des ateliers thématiques autour de l'autoportrait, du quartier, des objets du passé, des goûts et dégoûts… Carole Achache est décédée à la fin de l'hiver, les ateliers ont continué. Une restitution de ce travail de longue haleine s'est tenue le 17 juin dernier à la MGI.

vendredi 6 janvier 2017

Dans toutes les maisons, à tout instant donné

«J'imagine que dans toutes les maisons, à tout instant donné, il y a toujours une demi-douzaine d'appareils ou d'équipements qui ne fonctionnent pas correctement. Une ampoule grillée, une porte branlante, une latte de parquet qui craque, un fer à repasser qui ne chauffe plus. Ainsi, dans le cottage, il y a un robinet d'eau froide dans la salle de bains qui goutte en permanence, un tiroir de la cuisine qui refuse de se fermer complètement et un fauteuil qui a mystérieusement perdu une roulette. Et la Hillman Imp doit avoir une fuite d'huile, si l'on en juge par les taches foncées sur le gravier. Et ma radio perd parfois de la réception pendant dix minutes, pour ne plus offrir que des voix étouffées couvertes par une pétarade de coups de feu, avant de se remettre à bien fonctionner, curieusement.
Telle maison, tel corps. J'ai un bleu sur le tibia, une vieille écharde dans la paume de la main qui a l'air de s'infecter, un ongle incarné au gros orteil et le cartilage de mon genou gauche qui m'envoie une bonne décharge à chaque fois que je me lève d'un siège. On fait avec. On appuie plus sur la jambe droite, on utilise la main gauche, on glisse un livre sous le fauteuil à l'emplacement de la roulette manquante. Je m'étonne toujours de ces compromis avec lesquels nous apprenons à vivre. Nous continuons notre chemin, clopin-clopant, en réparant ici, en improvisant là.» pp. 210-211

Les Vies multiples d'Amory Clay
William Boyd
Seuil

Nous avons terminé l'année en beauté avec une panne de lave-linge et une infiltration dans la salle de bains dont la baignoire a dernièrement été remplacée par une douche (un joint d'étanchéité qui n'a pas rempli sa fonction, les ouvriers ont dû revenir changer une partie du carrelage de la cabine et le mur mitoyen de l'entrée a cloqué). À part ça je trouve régulièrement une petite flaque sous le compteur d'eau chaude, dont je n'arrive pas à trouver l'origine exacte : l'eau ne goutte pas en permanence, et je n'arrive pas à définir depuis quel endroit de la tuyauterie elle coule précisément.



mardi 3 janvier 2017

2017

Histoire d'inverser la tendance de ce siècle encore débutant (on y croit, on y croit)


D'ailleurs…


Bonne année à vous.