mardi 31 mai 2016

Il pleut

Il pleut des voix de femmes comme si elles étaient mortes même dans le souvenir
c’est vous aussi qu’il pleut merveilleuses rencontres de ma vie ô gouttelettes
et ces nuages cabrés se prennent à hennir tout comme un univers de villes auriculaires
écoute s’il pleut tandis que le regret et le dédain pleurent une ancienne musique
écoute tomber les liens qui te retiennent en haut et en bas
Guillaume Apollinaire, Calligrammes



mardi 24 mai 2016

Demoiselle à la porte

Série réalisée fin février, début mars.

Premier essai, un peu bancal et pas très bien proportionné. 


samedi 21 mai 2016

Cache-cache et transparence, fin

Les cours suivants les modèles se sont cachés derrière une cagette, à l'exception de Céleste, qui s'est dissimulée dans un drap en non-tissé.

Crayon. Pas très satisfaite de la silhouette centrale. Je l'aurais voulue floue, elle me fait plutôt penser à un monstre velu. Je n'ai pas osé retoucher ce dessin à la maison, la crainte de ne pas y arriver. Peut-être plus tard, quand je serai plus sûre de moi.

Encres et gouache.

Encre de Chine et carrés Conté.

Gouache et carré Conté.

Essai à l'aquarelle. Je n'en étais pas du tout contente sur le moment. S'il n'est pas parfait, avec le recul je le trouve finalement pas si pire.

dimanche 15 mai 2016

Non à la précarité des correcteurs dans l'édition

Véritables précaires, déjà victimes des contrats « zéro heure » anglais, nous, correcteurs de l'édition, demandons une amélioration de nos conditions de travail.

Les fameux contrats anglais « zéro heure » existent depuis longtemps déjà en France.

Mais où donc ?

Dans les maisons d’édition.

Dans les maisons d’édition ? Fleuron de la culture française, des Lumières, e tutti quanti… ?

Hélas, oui.

Voici comment travaillent et vivent les correcteurs, préparateurs de copie, lecteurs.

Cet expert du texte, qu’on appellera correcteur pour simplifier, est dit multi-employeurs car il est censé travailler pour plusieurs maisons d’édition ; « censé » car, le travail salarié se faisant de plus en plus rare, 90 % des correcteurs ne travaillent que pour un seul employeur.

Un correcteur est travailleur à domicile (TAD) ; il peut être embauché en CDD.

Jusque-là tout va bien.

La plupart du temps, sans avoir signé de contrat, s’il travaille régulièrement pour une maison d’édition, le correcteur est en CDI de fait, mais sans aucune garantie d’un nombre d’heures travaillé, et aucun revenu fixe et prévisible, l’annexe IV de la Convention nationale de l’édition qui régit le statut des TAD n’imposant aucune obligation aux employeurs d’un salaire mensuel minimum. Il doit se tenir en permanence à disposition de l’entreprise, qui l'emploiera une heure, quinze heures, cent vingt heures ou pas du tout dans le mois. Il est payé à la tâche, au nombre de signes, à un salaire horaire trop bas, et parfois dans des délais qui ignorent que certains jours sont chômés. Si un manuscrit est en retard ou annulé, le correcteur n’a aucune compensation, il se retrouve avec un compte en banque dans le rouge et ses yeux pour pleurer.

Étant en CDI, et bien que cotisant, il n’a pas droit aux allocations chômage.

C’est un intermittent… sans le statut de l’intermittence !

Pour résumer, le correcteur est le rêve du libéralisme absolu : il dépend de l’offre… et se rue sur elle, quand elle se présente à lui.

Mais le libéralisme absolu a trouvé encore mieux.

Encore mieux ?

Est-ce possible ?

Eh oui, l’autoentrepreneur, ou le salarié déguisé, auquel les maisons font de plus en plus appel, car ce dernier coûte encore moins cher. L’entreprise n’a plus de charges à payer.

En mars, une intersyndicale a proposé aux employeurs des améliorations à l’annexe IV. La principale : avoir l’espoir de pouvoir travailler le même nombre d’heures que l’année précédente. Et la possibilité de lisser les revenus annuels de manière à avoir un salaire mensuel fixe…

La réponse est prévue fin juin. Déjà les employeurs ont fait comprendre que « ce statut devait rester attractif pour les employeurs et… pour les salariés ».

Nous demandons que ces améliorations soient adoptées et refusons d’indexer notre attractivité sur notre pauvreté !

Amis lecteurs, ennemis de la précarité, signez cette pétition.

vendredi 13 mai 2016

Nature (pas encore) morte, suite de l'installation

Vous en reprendrez bien quelques-unes  ?
(Cliquez sur une image pour les faire toutes défiler avec la molette de votre souris en format plus grand.)

 Recto.

 Verso.

Le lion dans le train, au fond, est l'emblème des ateliers Beaux-Arts.