lundi 24 décembre 2012

J'avais déjà beaucoup aimé leur film de l'an dernier  mais je n 'ai pas osé le réutiliser, même s'il continue de me charmer…Voici ce qu'ils ont concocté cette fois :


Bonnes et belles fêtes de fin d'année à vous qui passez par ici…

dimanche 23 décembre 2012

J'aime, j'aime, j'aime les vieux boutons en verre, en nacre ou en faïence. Ceux en métal aussi, mais ils sectionnent les fils à la longue. Je crois que je commence à en avoir une jolie collection. Certaines font du lèche-vitrine dans les centres commerciaux, je flâne sur eBay. J'y vois des merveilles mais résiste plutôt bien à la tentation du clic compulsif, merci les listes d'objets à suivre. Il ne me plaisait pas particulièrement mais j'ai vu une fois un bouton dont le prix de départ était de 20 euros – probablement parce que son centre était en écaille de tortue. Toujours sur eBay je m'étonne que l'on présente comme anciennes des choses datant des années 1970. Je date d'avant et ne me sens tout de même pas si ancienne que ça… Dans mon esprit «ancien» renvoie, du moins pour les objets, à la première moitié du vingtième siècle et même avant.
Petite fille il m'arrivait de passer mes vacances chez mes grands-parents. J'avoue m'y être parfois ennuyée, malgré toute l'affection que je leur portais. Leur retraite prise ils étaient retournés vivre dans leur village natal où je ne connaissais personne de mon âge et le temps pouvait me sembler long si aucun cousin ne s'y trouvait au même moment. Souvent, les soirs d'été, à l'issue d'une balade en vélo, je m'arrêtais au cimetière. J'étais fascinée par les pierres tombales qui indiquaient une naissance au dix-neuvième siècle et un décès au vingtième, sans me rendre compte que mes propres dates de début et de fin seraient également à cheval sur deux siècles différents.
Le Merle moqueur a ouvert sa première librairie quelques mois, un an tout au plus, avant que la Demoiselle ne s'annonce. Leur local n'était vraiment pas vaste à l'époque et, par la suite, pour peu que je m'y rende sac au dos et bébée sur le ventre, je me suis bien des fois fait l'effet d'un éléphant dans un magasin de porcelaines. Son voisin était un fleuriste, à l'enseigne du Jardin extraordinaire. À deux pas du Père-Lachaise et du mur des Fédérés, j'aimais ce brin de poésie. Le Merle a déménagé un peu plus haut dans la rue, il est maintenant installé dans un ancien garage, bien plus spacieux et très lumineux, qui lui permet d'inviter des artistes pour des lectures, des concerts ou des expos. Il a de plus ouvert une annexe au Centquatre. Un marchand de vins occupe son local précédent. Le fleuriste est aussi parti, remplacé par un autre qui a donné un nom quelconque à son magasin. Dommage. Un peu plus bas dans la rue se situe le meilleur traiteur libanais que je connaisse, qui propose une variété de mezzés jamais rencontrée ailleurs. Quand je suis arrivée dans ce coin les thés Mariage Frères avaient leur entrepôt dans la rue parallèle à la mienne et en passant devant on était comme enveloppé par les fragrances qui en émanaient. On trouvait régulièrement sur le trottoir les grosses boîtes en bois qui avaient contenu l'une ou l'autre variété de ces thés en vrac. J'en avais récupéré quelques-unes mais je n'ai jamais su les recycler et j'ai fini par m'en débarrasser – bien à regret. L'entrepôt a déménagé depuis, à Bercy je crois, et une salle de sport le remplace. J'avais pas mal lu sur l'histoire de mon ancien quartier et quand je le parcours accompagnée je me plais encore à transformer le trajet en visite guidée. De mon coin actuel je sais qu'il a servi de lieu de regroupement avant d'envoyer les gens à Drancy durant la dernière Guerre mondiale. Mon vis-à-vis est une caserne militaire et si la construction est moderne elle n'en ressemble pas moins à une forteresse. Je ne le savais pas quand on a visité l'appartement. On peut toujours se poser la question de la direction qu'auraient prise les choses si… mais il m'arrive de me demander quelle tournure elles auraient prise si on avait attendu une autre proposition d'appartement. Le Musicien était à l'époque intermittent du spectacle et peut-être aurions-nous accédé à l'un de ces logements réservés aux artistes. Quelques rues plus loin, derrière notre tour, se trouvent de petites maisons de ville avec jardins, élues par des artistes en des temps où l'immobilier parisien était plus abordable. L'Atelier que Vincent Josse avait consacré à Willy Ronis en parle très joliment. Pas très loin de la caserne se trouve la Campagne à Paris, même si avec la circulation des Maréchaux je me demande depuis longtemps si le nom de «campagne» est toujours mérité. Etrange de penser qu'à l'origine cette partie de la ville accueillait des maisons d'ouvriers, quand de nos jours leur prix y atteint des nombres à sept ou huit chiffres.
Alors que mes billets reçoivent de moins en moins de commentaires il semblerait que de plus en plus de personnes viennent s'égarer par ici. J'aimerais bien qu'il y ait un peu plus d'échanges, de partages (merci à mes fidèles de la première heure) ; j'ai parfois l'impression de monologuer mais ce n'est pas la raison pour laquelle j'ai ouvert ce blougui, je n'ai pas besoin de lui pour ça. Je ne sais pas bien comment intituler ces billets sans queue ni tête, «miscellanées» conviendrait-il ? Il s'agit de choses dont je me suis dit à un moment ou un autre que j'en parlerai ici mais j'en ai laissé passer l'occasion ou, tout simplement, elle ne s'est pas présentée. Je le fais avant que d'oublier. Après tout les blouguis servent un peu à ça, entre autres choses : ne pas oublier.
Je n'arrive quasiment plus à lire mais je continue d'emprunter les livres à la bibli à mon rythme habituel. La pile d'attente s'accroît et je dois parfois rendre les ouvrages avant de les avoir même ouverts, c'est terriblement frustrant. J'ai passé plus de six semaines sur le Boyd mais je déteste la littérature de l'absurde, Beckett et Ionesco ne sont pas pour moi, je crois qu'elle m'angoisse, ni plus ni moins. J'y éprouve un peu la même sensation qu'à l'issue de ces rêves récurrents que je faisais plus jeune. Dans l'un d'eux je me trouvais face à un individu masqué. Il retirait son masque, un autre se trouvait dessous, et ainsi de suite. Dans un autre je me trouvais dans un espace sombre, où il fallait écarter des voiles (toiles d'araignées ?) pour avancer, mais chaque voile en cachait un autre.
Les fêtes de fin d'année approchent et à peu près rien n'est prêt pour les miens. Je suis partagée entre l'ennui et l'indifférence quant à cette situation, ce qui m'importe habituellement c'est de passer du temps avec eux, mais les choses se passent rarement comme je les ai imaginées.
J'aimerais bien savoir intégrer un lecteur de musique à certains de mes billets, parfois les vidéos que je trouve pour illustrer les chansons ne me plaisent pas, parfois elles n'existent simplement pas ; je n'ai pas trouvé d'explications suffisamment claires pour mon cerveau lent.
Pour le dernier cours avant les vacances de la Toussaint la prof de français de la Demoiselle avait fait visionner aux enfants Les Noces de Figaro, je ne sais pas si elle avait vraiment aimé. Elle apprécie pourtant Mozart. Toute petite, pas encore scolarisée, elle avait fait main basse sur un disque de Fazil Say que je m'étais offert un peu avant sa naissance mais il est vrai que ce n'était pas de l'opéra… Cette fois-ci, les enfants ont regardé La Belle Hélène, dans sa version jouée au théâtre du Châtelet en 2000, et elle a bien aimé. Ils sont en train d'étudier l'Illiade et je crois que ça lui a rendu ce texte moins rébarbatif. Elle est arrivée enchantée à la maison vendredi après-midi, et pas seulement en raison du début des vacances. J'ai retrouvé la même version de l'opéra-bouffe morcelée sur YouTube et on a continué de le regarder pendant un moment.
Suis allée au supermarché hier et n'ai étrangement pas eu à faire la queue pour passer en caisse. J'ai trouvé le choix dans les rayons limité comparé aux autres années. Un effet de la crise, sûrement.
La veille du marché de Noël je me suis fortement cogné le pied gauche contre le canapé. Je me suis retrouvée avec un petit orteil violacé et le pied et la cheville si enflés que j'ai cru ne pas pouvoir me chausser le lendemain. Une grande semaine plus tard c'était encore sensible, pour ne pas dire douloureux. Alors que je commençais tout juste à m'en remettre j'ai trouvé le moyen de me cogner au même endroit hier soir et j'en ai vraiment vu trente-six chandelles.
Pour terminer l'année en beauté j'ai trouvé l'antre du Musicien inondé hier matin. Etant donné le jour, étant donné le calendrier, inutile d'espérer aucune intervention de qui que ce soit avant lundi, et peut-être même mercredi. Pas moyen non plus d'alerter mon voisin du dessous, dont je sais pourtant qu'il en aura également été affecté (c'est déjà arrivé l'an dernier, dans une moindre mesure, et on pensait que ç'avait été résolu) car il est parti quelques jours. Le problème provient de la façade, pourtant ravalée il y a quatre ans. J'ai dû tout débrancher  dans la pièce pour éviter une électrocution et en sortir une partie des choses. Nous avons épongé une trentaine de litres d'eau de pluie qui n'avaient eu besoin que d'une heure pour s'infiltrer… On a reçu le renfort de notre voisine immédiate préférée alors que la Demoiselle et moi peinions à en apercevoir le bout. Le papier peint et le plancher ont morflé, et étant donné leur taille je n'ai pas bougé les bibliothèques qui meublent cette pièce mais je crois que l'on ne s'en tire pas trop mal ; je n'ose en revanche penser à l'état dans lequel le voisin trouvera sa maison à son retour. Voilà au moins deux ans que je dis qu'il faut refaire cette pièce, on ne pourra plus  y couper maintenant. Quand j'ai appelé la permanence de notre bailleur on a d'abord commencé par me dire que le problème était locatif (et puis quoi encore ?!) mais je ne me suis pas laissée faire et si tout se passe bien les travaux seront pris en charge par son assurance. Le nôtre, d'assureur, m'a expliqué au téléphone qu'il prendrait en charge notre relogement durant les travaux en cas de besoin mais je rappellerai dans la semaine pour me faire confirmer tout cela.


samedi 22 décembre 2012

La Croix et la Bannière, William Boyd

Je viens de passer un temps infini à lire La Croix et la Bannière, un des rares romans de William Boyd qui ne m'était pas passé entre les mains. André Balland, le premier, avait publié cette histoire en France dans les années 1980 et par la suite le livre a longtemps été épuisé. Le Seuil l'a réédité il y a quelques années.
Boyd est l'un de mes auteurs préférés et j'aime en général l'atmosphère qui émane de ses lignes, mais cette lecture-ci m'a mise mal à l'aise, où le burlesque le dispute à l'absurde avant de virer au somme toute assez tragique ; un enchaînement de catastrophes qui vous pousse à vous demander si cette situation cauchemardesque va se rétablir, quand cette succession de tuiles que subit le héros va s'arrêter. Je l'avais acheté en anglais avant sa réédition mais malgré plusieurs tentatives n'avais jamais réussi à aller très avant dans ma lecture, ce n'est peut-être pas un hasard. Je ne l'ai pas abandonné parce que dans l'absolu je n'aime pas ça, que j'attendais d'arriver au moment où la situation s'améliorerait, que j'aurais détesté ne pas connaître la suite si elle avait été différente et aussi parce que  Boyd, quoi, mais peut-être aurais-je dû…
L'histoire avait été adaptée au cinéma avec tout de même Daniel Day Lewis et Harry Dean Stanton dans les rôles principaux mais je ne sais pas si le film est jamais sorti en France. 

Le mot de l'éditeur
Timide, gauche et irrémédiablement anglais, Henderson Dores, quarante ans, expert en tableaux, adore l'Amérique où il songe à refaire une vie jusque là médiocre. Oui, mais l'Amérique justifiera-t-elle ces espoirs et lui rendra-t-elle cette affection ?
La question risque de rester en suspens si l'on en juge par la série rocambolesque d'aventures que va connaître Henderson, lors d'une mission d'expertise que lui confient les patrons de la maison de vente aux enchères dont il est l'employé.
Le Sud profond des Etats-Unis se révèle un terrain miné où Henderson risque de manquer de ressources pour faire face à un milliardaire bizarre, a ses tableaux douteux et à sa progéniture redoutable.

D'autres avis, différents du mien, chez Babelio et Critiques libres.

La Croix et la Bannière
William Boyd
Traduit de l'anglais par Christiane Besse
Points



vendredi 21 décembre 2012

Pfff

Voilà deux fois que Blogger publie des billets pourtant programmés et même, concernant le deuxième, avant que j'aie fini de le mettre en forme. Tant pis, tant pis, ils seront republiés à la date que je leur avais initialement prévue, non mais…

mercredi 19 décembre 2012

Au printemps dernier dans le bus une toute petite fille de neuf mois a eu un coup de cœur pour ma Perle et le ciré qu'elle portait. Elle en a attrapé un bout de pan pour ne le lâcher que lorsqu'il nous a fallu descendre et, pour la première fois, au grand ravissement de sa maman et de ma Demoiselle, nous a dit au revoir de la main. Parfois dans les transports en commun je vois de jolis jeunes hommes, qui posent sur moi un regard bienveillant. J'en oublie mon aspect et mon âge plus que canonique. J'ai emprunté lundi le nouveau tronçon du tramway. Confort incomparable. Je pensais (et n'étais pas la seule) qu'une même rame ferait le tour de la ville, mais non. Je ne sais pas combien de tronçons sont prévus au final – trois ou quatre ? – j'ai juste entendu l'autre jour à la radio que le 16e se montrait réfractaire au projet – étonnant, non ? Le nom de beaucoup de stations (la moitié, me semble-t-il) a été changé, pour rendre hommage à des femmes, et c'est assez déstabilisant quand on emprunte la ligne pour la première fois et qu'on ne sait pas exactement où se situent les arrêts, à quoi ils correspondent par rapport à nos repères habituels. Ce nouveau mode de transport place la porte de Vincennes à un quart d'heure, vingt minutes de la maison et c'est extra. Le temps des correspondances, en revanche, est encore aléatoire. J'ai mis une heure et demie à rentrer depuis le 12e arrondissement et j'ai entendu une dame raconter qu'il lui avait fallu trois quarts d'heures pour aller de la porte de St-Mandé (Alexandra-David-Néel pour le tram) à celle de Bagnolet, quelques heures plus tôt, mais on attribuera ça à la période de rodage. Les arrêts sont encore plus ouverts à tous les vents que ceux des bus et je suis arrivée frigorifiée. Je crois qu'une rame de tramway peut accueillir autant de passagers que trois bus mais l'heure de pointe y reste l'heure de pointe…
La pluie qui tombe sur Paris est acide et, pour peu que l'on se soit laissé surprendre, brûle le visage même si la peau a convenablement été hydratée auparavant.
J'ai assisté à mon tout premier conseil de classe de toute ma vie la semaine dernière. Lorsque le nom de la Demoiselle a été évoqué les enseignants ont tous affiché un grand sourire. Elle a leurs félicitations. J'ai été surprise du rythme soutenu auquel cela s'est déroulé mais les profs en avaient un autre dans la foulée. Quand ils disent que leur classe est hétérogène les enseignants sourient souvent mais je me demande à quel point c'est bien quand j'observe ou entends parler de l'attitude de certains oiseaux rares. Malgré ses excellents résultats, depuis les dernières vacances, mon Tourbillon a décompté chaque jour qui la séparait des prochains congés. Elle revient déjeuner le lundi depuis la dernière rentrée, pour ne plus avoir à trimballer son sac si lourd ce jour-là. Je pensais que ça allait mieux, qu'elle s'était faite au rythme de ses semaines grâce entre autres à cet aménagement mais elle a eu une nouvelle (petite) crise de désespoir pas plus tard que la semaine dernière. Avec son emploi du temps à la noix elle est sur les rotules dès le mercredi midi, d'autant qu'elle trouve toujours moyen de ne pas se coucher tôt – elle attend son père et fait traîner les choses avec une rare maîtrise dans l'espoir de grappiller quelques minutes avec lui avant de s'endormir. Elle ne pratique plus qu'une activité, le piano. Nous n'avons pas visité d'expo depuis l'été dernier et cela me manque. Je ne sais pas si je mettrai à profit les prochaines vacances pour me rattraper, je n'aime pas exactement les bains de foule et j'ai perdu le fil de ce que j'aurais voulu voir. Les relations se sont apaisées entre le principal du collège et les parents d'élèves et c'est tant mieux parce qu'une année entière dans une atmosphère conflictuelle aurait été détestable en tous points. Au printemps prochain la Demoiselle partira cinq jours en Franche-Comté avec le collège. Ce sera sa première fois loin de nous, hors de la famille, si longtemps. Elle n'est jamais partie en classe découverte – les crédits de la Ville ont été réduits – et si nous lui avons plusieurs fois proposé de partir en colo elle n'a jamais voulu en entendre parler. Elle est cette fois-ci demandeuse. Ce sont les professeurs de sport qui organisent ce séjour. Lorsque je me suis présentée à sa prof j'ai eu droit à un grand sourire. Elle m'a aussi identifiée comme «parent d'élève» et m'en a remerciée, disant que les enseignants avaient besoin que des parents s'investissent. Ça m'a fait chaud au cœur.
Un groupe sévit en bas de chez nous et des immeubles avoisinants depuis quelques mois. Je pensais qu'ils tenaient les murs et accessoirement les cages d'escalier mais il s'agit de dealers. Des filles les rejoignent parfois, dont une avec un bébé. J'ai entendu dire que les garçons filmaient leurs ébats avec elles grâce à leurs téléphones portables. Quelle idée ont-ils des relations humaines ? Quelle vie la (trop) jeune maman prépare-t-elle à son bébé ? Qui sont les parents de ces ados ? On voit régulièrement la police les courser, sans y pouvoir grand-chose car ils sont mineurs. Des vigiles circulaient régulièrement aussi à un moment donné ; on ne les voit plus. De toute façon ils n'empêchaient pas grand-chose non plus, surtout une fois leur dernière tournée effectuée. Ce n'est pas exactement l'environnement dont je rêvais pour ma seule et unique enfant. Je n'ai jamais aimé cet endroit même si, au fil du temps, j'y ai fait de belles rencontres, et je voudrais maintenant plus que jamais le quitter mais nous sommes coincés, il faudrait que je trouve un emploi fixe. Nous sommes ici depuis exactement dix ans et je me languis toujours de mon ancien quartier, surtout quand je vois tous les aménagements qui y ont été apportés depuis notre départ. Notre appartement actuel est incomparablement plus confortable que ceux que nous avons quittés à l'époque mais je ne peux empêcher l'émotion de poindre lorsque je retourne par là-bas, même si je n'y connais plus personne. J'y retourne assez souvent : Coopaname n'en est pas loin, ma marchande de laines non plus. La tour dans laquelle nous vivons fait partie du parc de logements intermédiaires de la Ville de Paris, elle est entourée d'autres immeubles du même style, moins hauts et plus longs. Quand nous sommes venus avec notre bon de visite, la première fois, en la voyant, je me suis dit : «Non, pourvu que ce ne soit pas là.» J'avais beau tenter de lui trouver quelque chose de joli ou d'un tant soit peu harmonieux visuellement, je n'y parvenais pas. Nous avons postulé pour l'appartement en pensant qu'on  ne l'obtiendrait pas et pour que notre dossier ne se trouve pas stratifié, nous l'avons tout de même décroché. Pas moyen de faire machine arrière, l'attitude aurait été inqualifiable alors que tant de gens attendent pendant si  longtemps et qu'il y a tant de mal logés mais depuis que nous vivons ici j'ai l'impression d'être prise dans une descente dont je me demande si elle prendra jamais fin et quand. L'Homme tient le coup, en faisant je crois le dos rond. Sans lui nous serions à la rue. Comme tous les ans, au moment des fêtes de fin d'année, il a reçu des chocolats de ses élèves. L'une d'elles lui a offert une grande boîte d'After Eight. Je crois bien que je n'en avais pas mangé depuis trente ans. Lundi soir, alors que j'attendais le tram, je suis entrée chez un vrai chocolatier. C'est le nom de l'enseigne qui m'a attirée, il m'a semblé reconnaître celle d'un pâtissier-traiteur de la rue d'Avron chez lequel je suis parfois allée lors d'occasions particulières mais après recherches je me suis aperçue que ma mémoire m'avait trahie. J'y suis d'abord allée «pour voir», j'en suis ressortie avec un petit sachet de chocolats fins que j'offrirai. Et aussi un sachet contenant un mélange de bonbons à la violette et aux coquelicots.

mardi 18 décembre 2012

Bordure rapportée en zigzag


Tricoter trois mailles au point mousse en augmentant, sur un seul côté, d'une maille tous les deux rangs six fois. Au rang suivant, rabattre six mailles et reprendre le motif sur la longueur désirée.

dimanche 16 décembre 2012

Et puis ?

… me demande Hélène. As-tu découvert en toi une âme de commerçante ? Ma réponse est : je ne sais pas.
Cinq trousses sur neuf sont parties, mais aucune broche, seuls une paire de boucles d'oreilles sur huit et six bracelets sur une cinquantaine…


Une fois les sous récoltés transformés en salaire je n'aurai pas couvert mes frais de départ. Il me faudrait une ou deux autres ventes dans les mêmes conditions (pas de frais pour la location d'espace) pour commencer à me payer. Comme je n'ai pas de moyen de comparaison je ne sais pas si je m'en suis bien tirée ou pas pour cette première fois, mais je ne crois pas que quiconque se soit vraiment enrichi ce jour-là (nous étions une petite trentaine à exposer). Je ne pense pas que beaucoup de pub ait été faite autour de l'événement, qui était une première pour la coop aussi – et ceci expliquerait cela. J'en ai moi-même peu parlé autour de moi, prise que j'étais par les préparatifs.

 Les petites étoiles en origami ont eu beaucoup de succès mais n'étaient pas à vendre…

C'est peut-être aussi bien que je n'aie pas eu  le temps de coudre tout ce que j'avais en tête.  Ce qui reste peut constituer une réserve pour une prochaine vente sans gros effort de préparation ou un fonds qui me permettra de confectionner d'autres accessoires et d'élargir la gamme de choses proposées, à moins que je ne mette mes brimborions sur une plateforme de vente en ligne, ou encore que je n'organise une vente chez moi. Avec les fêtes qui approchent il ne faut pas que j'hésite trop longtemps.
Cela dit j'ai passé un bon moment, avec des voisines bien sympas, et  j'ai eu le plaisir de revoir un ancien collègue presque perdu de vue qui a fait le voyage depuis les Yvelines…
Mon Joli Tourbillon est venu me rejoindre après la classe. Je crois qu'elle s'est un peu ennuyée au début mais elle a par la suite eu droit à un massage amma assis et la journée s'est conclue par la fête de fin d'année avec repas partagé, bonbons, cadeaux, musique (pas trop forte pour les enfants) et danse.

 
S'il y a une majorité de femmes au sein de la scop on y trouve aussi des hommes…

Nous  sommes parties bien avant la fin de la fête, et sommes arrivées à la maison sur les rotules.

***
Merci pour vos bons vœux adressés à ma douce, tous transmis et accueillis d'un rosissant sourire, et merci aussi pour vos encouragements…

mercredi 12 décembre 2012

Aperçu


 Photos médiocres. Pardon, pardon, une autre fois je les pendrai le matin…

Cotonnades de chez Katouleg, Lydie Confiture et Via de Caro (il y a déjà plusieurs années pour celles trouvées chez ces deux derniers) ; lins de chez Coco la girafe.

L'instant T du jour J arrive… Je n'ai bien sûr pas confectionné tout ce que j'avais en tête et je n'ai finalement pas utilisé mes assemblages de chutes, mais cette vente est un coup d'essai. Si cela marche, il sera toujours temps d'ajouter ces autres choses à mon répertoire…

Santa Claws


Pas de chat chez nous, le malheureux ne mettrait pas souvent le nez dehors, mais celui de Simon me fait toujours autant rire…

lundi 10 décembre 2012

Le Tourbillon

Son prénom vient du persan et signifie «perle».
Elle n'est pas turbulente mais ne s'arrête jamais. Quand je la portais encore en moi j'avais parfois l'impression d'un hamster dans sa roue.
Bébée, ses mains voletaient tels des papillons. Elle a conservé cette grâce en grandissant.
Elle trouve que dormir est une perte de temps.
Elle est toujours en demande.
Elle est curieuse.
Elle refuse de comprendre que choisir c'est renoncer et toujours tente de rattraper le temps passé loin de nous.
Elle a beaucoup d'humour mais déteste que l'on se moque d'elle, même gentiment.
Elle n'aime pas trop les sucreries mais raffole du chocolat au lait.
Elle ne sait pas ce qu'elle fera plus tard mais est indéniablement attirée par les matières artistiques et la nature.
Elle est dotée d'une mémoire extraordinaire.
Elle lirait en dormant si elle le pouvait.
Elle aime le cinéma indien : Jodhaa Akbar, Swades et Kabhi Khushi Kabhie Gham sont ses préférés. Lorsqu'elle s'entiche d'un programme, fiction ou documentaire, elle le regarde en boucle, elle s'en imprègne. Quand elle commence à visionner une série, plus rien ne compte jusqu'à ce qu'elle en ait vu le dernier épisode. Elle sait par cœur les dialogues ou commentaires de certains d'entre eux.
Elle joue plutôt peu avec ses poupées mais habille régulièrement ses peluches.
Elle a une «doudouthèque» conséquente.
Elle est atteinte de collectionnite aiguë : papiers dorés, billets de métro, petits cailloux, fèves, cartes de recettes Picard (dont nous ne faisons rien parce que nous n'utilisons pas les denrées pour), doudous…
Elle aime les pandas – le WWF est notre ami.
Elle est notre seule et unique et fait à peu près ce qu'elle veut de nous (à peu près seulement, hein).
Elle est têtue mais nous sommes obstinés.
Elle est fidèle en amitié. Elle a rencontré ses amis les plus proches alors qu'elle avait dix-huit mois et trois ans.
Elle est nerveuse, angoissée et douce à la fois.
Elle est très observatrice et ne se lance qu'une fois qu'elle sent, qu'elle sait qu'elle y arrivera.
Elle est peu sûre d'elle. À l'entendre elle est nulle alors qu'elle est brillante.
Ses raisonnements m'épatent régulièrement.
Elle est vive et comprend les choses avant même qu'on ait fini de lui expliquer.
Elle est petite souris discrète à l'extérieur mais me donne le tournis à la maison.
Elle est timide à l'extérieur et le rose lui monte facilement aux joues.
Elle est secrète.
Elle est forte et fragile à la fois. 
Elle refuse de grandir mais sait faire preuve d'une grande maturité.
Elle est charmeuse et câline.
Elle a onze ans aujourd'hui.

Juin 2010.

samedi 8 décembre 2012

Mitaines à picots

Un modèle de plus, parmi tous ceux qui existent déjà… Je pensais avoir égaré les notes prises alors que je tricotais celles destinées à ma mère ; je les ai finalement retrouvées, sagement rangées dans le classeur où je place ce que je glane à droite et à gauche, griffonnées au dos de l'un des modèles qui m'a servi de base. Les voici, avant de les perdre pour de bon… 

  Fil Fonty, BB mérinos – ou tout autre se tricotant normalement en 2,5 ou 3 ; aiguilles 3,5. 
 
Je les ai retricotées pour m'assurer que mes notes tenaient la route, et envoyées à quelqu'un à qui j'avais proposé quelque chose… au début de l'été dernier. Ma mauvaise conscience cessera de me tarauder, maintenant – en tout cas pour ça.

 Une pelote suffit.

Elle aime, je crois, les couleurs chaudes, dont les teintes orangées. Surprise par le rendu final, je craignais qu'elle ne les trouve trop flashy (et pour un peu n'aurais pas osé les lui envoyer !). Il semblerait qu'elles lui ont plu ; j'espère qu'elles ne lui sont pas trop grandes. Le corps de ces mitaines est volontairement long, de façon à ne laisser à l'air que le bout des doigts. Compter l'équivalent de deux soirs pour tricoter chacune d'elles.
***
Sur l'aiguille gauche, monter 54 mailles, puis tricoter un nombre impair de rangs de côtes 2/2 (ici, 21 rangs), suivis de 19 rangs de jersey endroit, que l'on ponctuera de point de semis à compter du troisième rang de jersey endroit comme suit :
  • 4 mailles de jersey endroit, 1 maille de jersey envers, *3 mailles de jersey endroit, 1 maille de jersey envers* ;
  • 3 rangs de jersey endroit ;
  • 2 mailles endroit *1 maille envers, 3 mailles endroit* ;
  • 3 rangs de jersey endroit, etc.
Le motif se tricote sur les rangs impairs, de la droite vers la gauche. Au dix-neuvième rang (cinquième répétition du point de semis), commencer les augmentations (deux mailles tricotées dans une) pour le pouce :
  • 24 mailles + 1 augmentation + 7 mailles + 1 augmentation ;
  • 3 rangs jersey endroit ;
  • 24 mailles (point de semis) + 1 augmentation + 9 mailles + 1 augmentation ;
  • 3 rangs jersey endroit, etc. jusqu'à 1 augmentation + 15 mailles + 1 augmentation ;
  • 3 rangs jersey endroit.
À la fin de la série d'augmentations on obtient 64 mailles. Ces dernières se tricotent sur les rangs du motif, qu'elles remplacent. Si elles tombent «juste» à la première occurrence il faut tricher un peu aux suivantes, quitte à décaler les points jersey envers d'une maille.
Tricoter 43 mailles au point de semis puis revenir sur 20 mailles à l'endroit. Sur ces vingt mailles, tricoter 10 rangs (2 répétitions du motif + 2 rangs de jersey endroit). Finir par deux barres de point mousse et la terminaison en picots.
Coudre le pouce et retourner l'ouvrage. Ajouter une maille à hauteur de la couture et tricoter la fin du rang au point de semis. On obtient 45 mailles. Tricoter 3 rangs de jersey + 1 rang de semis, etc. sur 9 cm. À une vingtaine de centimètres de hauteur totale (soit sept répétitions du motif + 2 rangs de jersey endroit), tricoter deux barres de point mousse et la terminaison en picots.

Tricoter la deuxième mitaine en miroir, en montant les mailles sur l'aiguille droite. Tricoter le motif de la gauche vers la droite.

Terminaison en picots
  • Tricoter deux barres de point mousse, de façon à démarrer les picots en tricotant de la droite vers la gauche.
  • Toujours en jersey endroit, rabattre 2 mailles. Monter 2 mailles dans la maille obtenue. Tricoter ces 3 mailles en jersey endroit. Rabattre 6 mailles en jersey endroit, etc. 
Pas d'utilisation commerciale, merci.

jeudi 6 décembre 2012

Et pourquoi pas ?

Le premier marché de Noël de Coopaname se tiendra le 13 décembre prochain, de 13 h 00 à 19 h 00. Une façon de présenter ses activités ou de vendre les choses que l'on fabrique – du local et de l'artisanal. Comme la coopérative permet de mener légalement plusieurs activités je m'ai pensé que j'irai bien et m'y suis inscrite. Petit aperçu de ce que j'y proposerai…


Sait-on jamais, des fois qu'une nouvelle voie s'ouvrirait à moi ? J'ai des idées plein la tête et le bout des doigts mais je cherche comment assortir les étoffes et je tâtonne beaucoup (trop). Il va me falloir mettre fin à ces hésitations et avancer pour de bon. Il me reste exactement une semaine pour y arriver…


Venez faire un tour si vous vous trouvez dans les parages,
je serai ravie de vous rencontrer…
***
Jeudi 13 décembre 2012
13 h 00 – 19 h 00
3-7, rue Albert-Marquet
75020 Paris
2e étage 


PC2, arrêt Saint-Blaise
Bus 26 ou 64, arrêt Orteaux
Bus 76, arrêt Pyrénées-Bagnolet
Traverse de Charonne, arrêt Albert-Marquet
Métro Maraîcher ou Gambetta

mercredi 5 décembre 2012

Gérard Philipe aurait eu 90 ans hier. Comment l'imaginer avec des cheveux blancs ?


J'ai remarqué comme une urgence à vivre chez certaines personnes au parcours exceptionnel mais bref, comme si elles pressentaient ladite urgence…

dimanche 2 décembre 2012

Je crois bien qu'une des seules choses que j'aime vraiment en décembre, c'est la perspective de voir les jours rallonger.
Pour le reste, c'est un mois empli d'anniversaires – des arrivées comme des départs. C'est aussi un mois lourd, trop lourd en souvenirs, et plus le temps passe et moins je sais comment le traverser. Allez, plus que trois semaines à attendre…


vendredi 30 novembre 2012

Petite série

À l'attention de deux mignonnes, pour leurs anniversaires. Très en retard pour l'une, dans les temps pour l'autre, juste avant les frimas pour les deux.
Chauffe-cœur Citronille et mitaines de la Salsa d'Amélie avec, pour touche personnelle, deux bordures rapportées en haut et en bas. Petits boutons anciens aux poignets pour indiquer par quel côté les enfiler, le tout photographié avec la luminosité que l'on sait ces temps-ci. Fil BB mérinos de Fonty.


Béret d'Aquarêve, pour changer, aux aiguilles n° 4, et mitaines tricotées à partir de celles de Faustine aux aiguilles n° 3 pour des menottes de cinq ans, avec des pouces, «pour qu'elle n'ait pas froid», dixit ma Demoiselle, et une terminaison en picots.  Fil BB mérinos de Fonty.


Je n'aurais jamais pensé oublier aussi rapidement la sensation procurée par le tricot dans ces tailles. J'ai craint tout du long de décevoir les jeunes destinataires de ces accessoires et que ceux-ci ne leur conviennent pas, dans tous les sens du terme, mais un mot de leur maman a su me rassurer…

mercredi 28 novembre 2012

L'enfant aux cheveux verts

Après la guerre du feu et la guerre des étoiles…

Ika et Leia n'ont qu'à bien se tenir !


… il y a la guerre aux poux (soupir, soupir et re-soupir). L'année semble faste et les traitements se suivent : un jour il n'y en a plus, et quarante-huit heures plus tard je récupère des poux adultes, ce qui signifie qu'il y a recontamination.
Tentative de prévention au henné neutre, cette fois-ci. On verra bien ce que ça donne…


En attendant, vive les bains de boue ! Etant donné la tignasse de la Demoiselle je ne sais même plus à combien de shampooings et rinçages elle a eu droit. Je sais juste qu'elle comme moi étions bien contentes que cela se termine. Au moins avait-elle la peau très douce, après ça… Je devrais en faire autant pour moi mais les bras me tombent rien qu'à la perspective du rinçage.

Edit : ça a marché… l'espace de quelques semaines. Les deux semaines suivantes les passages au peigne fin n'ont rien donné, j'ai donc baissé la garde. À peine un mois après ce traitement la Demoiselle m'a annoncé que la tête lui démangeait et j'ai retiré entre vingt et trente bestioles de sa chevelure.

lundi 26 novembre 2012

L'atelier qui cartonne

Fin mars 2011, Coopaname a quitté son siège historique, un trois-pièces plus sous-sol dont il aurait fallu repousser les murs, pour investir un plateau de plus de 500 m2. Les travaux d'aménagement ne sont toujours pas terminés mais on peut tout de même se faire une idée du futur aspect de ces nouveaux locaux. Les bureaux comptables et administratifs ont bien sûr été les premiers fonctionnels, ainsi  que les sanitaires et une cafétéria suffisamment spacieuse pour accueillir plusieurs dizaines de personnes.

Juste après le déménagement…

En chantier au cours de l'année écoulée, l'aménagement d'une vraie cuisine au sein de la cafétéria, d'une salle de réunion, d'une salle de formation et de vidéoconférence de soixante places, d'un grand espace de cotravail (100 m2), de l'accueil…
Etant donné la richesse et la diversité des savoir-faire des «coopanamiens» (près de six cents individus et autant de personnalités à ce jour !), c'est à eux que la scop s'adresse en priorité lorsqu'elle a des besoins spécifiques. Outre le travail que cela procure aux entrepreneurs concernés, cela permet également à ceux d'entre eux qui débutent de se rôder et aux plus anciens de partager leur expérience. C'est aussi l'occasion de passer de bons moments et de se sortir de l'isolement qui nous guette lorsque l'on travaille seul. (Prosélyte, moi ?)
Afin d'aménager son espace d'accueil, la mutuelle de travail souhaitait un présentoir pour les livres des éditions Repas. Elle a donc fait appel à l'une des créatrices des Eco-actions, qui a rejoint la coopérative il y a tout juste un an. Avec une dizaine d'entre nous, Isabelle a animé un atelier l'été dernier. Au programme, la réalisation de plusieurs modules qui, en s'empilant, allaient former une colonne.

Le premier terminé.

Le carton ondulé est composé d'une ou plusieurs «entretoises» (les cannelures) prises entre deux couvertures. Les cannelures ont un pouvoir amortisseur qui assure sa résistance. C'est le premier matériau d'emballage au monde, notamment pour le transport de marchandises. Ce matériau est naturel, fabriqué à partir des bois d'éclaircies, des cimes des arbres et des déchets des scieries dont on extrait la cellulose. Plus de 90 % du papier utilisé pour la production de ce type de carton sont issus du recyclage. Le carton double cannelure (6 mm ou 7 mm d'épaisseur) est l'élément de base de la réalisation de mobilier en carton. Il est à la fois résistant dans le sens vertical et souple dans le sens de la cannelure.
Pour créer la structure interne d'un meuble, on reproduit sa façade sur plusieurs plaques de carton que l'on assemblera à l'aide de traverses enchâssées à mi-bois. Cette structure interne est ensuite recouverte de carton pour donner au meuble sa forme finale.

Le sens de la cannelure est très important pour la construction de ces meubles.

La plaque doit être placée cannelures visibles sur le haut pour assurer toute sa résistance.

Le matériel à se procurer lorsque l'on débute ou pour des créations de petite envergure est assez basique : un tapis de coupe est idéal mais un grand calendrier cartonné fait tout aussi bien l'affaire, un crayon à papier bien taillé ou un feutre fin, une règle lourde, de préférence, ou métallique, une équerre, un bon cutter, du papier kraft gommé (en boutique d'encadrement) et une éponge imbibée d'eau, de la colle à maquette ou, mieux, un pistolet à colle avec ses bâtons, un carnet ou une feuille où noter ses cotes, un mètre à enrouleur et du… carton. Pour les finitions, une cale à poncer et du papier de verre de différents grains permettront de peaufiner les bords avant le kraftage, éventuellement des râpes à bois.
On pourra par la suite laisser le meuble brut ou le décorer (peinture, papier peint, papier népalais, etc.). Il est dans tous les cas conseillé de le vitrifier. La vitrification imperméabilise et solidifie le meuble. Papier ou peinture devront être recouverts de deux ou trois couches de vitrifiant à base d'eau (cf. pictogramme robinet sur le pot) pour parquet. Attention à ne pas prendre un vitrificateur teinté. Différentes finitions existent ; éviter le brillant qui fait ressortir les moindres défauts.
Le carton présente un côté plus lisse que l'autre, c'est celui que l'on privilégiera pour les façades des meubles. Il émousse rapidement les lames des cutters, penser à les changer/tailler régulièrement.

Et voilà le travail !



J'étais admirative depuis longtemps de ce que l'on peut faire à partir de vieux cartons mais n'avais jamais osé me lancer. Le mystère est un peu dévoilé maintenant…

P.-S. Quelques pas à pas , ou encore , parmi d'autres…
Explications rédigées à partir des indications orales et écrites d'Isabelle Delepierre-Revéret. Les deux premières photos ont été prélevées depuis le mur photos de la page Facebook de Coopaname, les autres ont été prises par mes soins.

mardi 20 novembre 2012

Calibrage

Il y a un décalage entre le chiffre affiché par l'outil Statistiques de Word et le nombre réel de caractères des textes concernés – chose fort ennuyeuse lorsqu'on est rémunéré sur la base du nombre de signes d'un texte.
Les détenteurs de Mac peuvent contourner ce problème qui les pénalise grâce à un utilitaire appelé Word Counter. Je n'ai pas encore eu à l'employer mais il paraît très bien pour les textes courts comme pour les plus longs : il vient de me dénombrer sans problème 661 435 signes, espaces comprises (en typographie les espaces sont féminines et sont prises en compte, carqueseraituntextesansespaces, n'en déplaise à certaine maison d'édition – qui ne l'a finalement pas emporté aux prud'hommes), soit un texte de plusieurs centaines de pages. En revanche il ne tient pas compte des notes de bas de page et il faut donc, dans ce cas, les copie-coller à la suite du texte et redemander le calcul du nombre de caractères…
Du temps de mon premier ordi, un iMac myrtille basique qui tournait sous OS9, j'utilisais un utilitaire qui s'appelait Calibre. Je ne sais pas s'il existe encore. On trouve toujours une application qui porte ce nom mais qui n'a rien à voir avec le logiciel que j'ai utilisé durant une grosse dizaine d'années, et d'ont j'aimerais bien savoir ce qu'il est devenu…
Je n'ai pas trouvé d'équivalent pour les PC (mais je n'ai probablement pas cherché suffisamment longtemps) et, de ce que j'ai pu en constater, les sites qui proposent un tel comptage en ligne ne sont pas fiables.

jeudi 15 novembre 2012

Le Récit de Gilgamesh




Je serais curieuse de savoir si la personne qui a eu l'idée de mettre Le Récit de Gilgamesh au programme de français des classes de sixième a des enfants ou, au moins, les connaît… Ce texte est également évoqué au programme d'histoire : il fait l'objet d'un passage dans le manuel et si je trouve chouette que l'on fasse concorder les programmes de plusieurs matières (je n'ai pas souvenir de cela, «de mon temps»), il n'en reste pas moins que les loupiots ne sont pas en mesure d'en évaluer l'importance, il n'a pas été écrit à l'intention d'un lectorat de leur âge – même si on sait que certains voient des choses qui ne leur sont absolument pas adaptées (un instit m'avait raconté  que certains petitous de 6 ans avaient déjà vu des films pornos, sans parler de ce qu'affichent les façades des marchands de journaux).
Quelle est la marge de manœuvre des enseignants ? Peuvent-ils, tout en restant dans les clous, choisir un ouvrage plutôt qu'un autre ? Si oui, pourquoi prendre celui-là ? À imposer aux enfants des lectures qui ne leur sont pas adaptées ne risque-t-on pas de les dégoûter de la lecture en général ou même de leur ôter toute envie de découvrir des choses par ce biais ?
Si la présentation de l'éditeur n'est pas fausse elle est cependant bien gentillette, pour ne pas dire édulcorée, concernant certains passages.
La Demoiselle l'a eu à lire et à résumer, tablette par tablette, durant les dernières vacances. Autant dire qu'elle ne s'est pas vraiment détendue. Et comme elle a détesté, elle a fait traîner les choses en longueur… J'ai demandé autour de moi comment s'étaient déroulées les vacances, avec ce livre, et les réponses obtenues allaient toutes dans ce sens.
Lundi la prof s'est assurée que les résumés avaient bien été rédigés mais n'a pas relevé les copies (et étant donné la longueur du devoir demandé, relire vingt-cinq fois  la même chose plus ou moins bien écrite… je ne lui jette pas complètement la pierre, d'où ma question concernant le choix des ouvrages). Ils ont oralement résumé les différentes tablettes et elle en a profité pour leur préciser des choses durant ce cours et le suivant (soit deux heures), et puis c'est tout. Du moins pour l'instant. Ils sont déjà passés à autre chose, en l'occurrence l'Ancien Testament et le Coran. Peut-être compareront-ils plus tard certaines légendes et techniques narratives ? En attendant, la Demoiselle en avait un peu gros sur la patate : «J'aurais aussi bien pu écrire n'importe quoi…», a-t-elle dit.
Mon mauvais esprit se demande si c'est une façon de préparer les enfants à ce qui les attend plus tard, en tant qu'adultes, vous savez, quand on se décarcasse pour pas grand-chose à l'arrivée…

Le Récit de Gilgamesh
Coll. «Classiques abrégés»
L'École des loisirs

Je précise, s'il le faut, que je ne cherche pas à charger la prof, je me pose réellement ces questions. Après tout, en tant que parent, je fais aussi mon entrée en sixième…

mardi 13 novembre 2012

Protège-cahier

Pour une couverture doublée simple, c'est-à-dire pas réversible, on taillera un premier rectangle de tissu aux proportions du cahier en incluant les rabats, plus 1,5 cm ou 2 cm de chaque côté pour la marge de couture, et un deuxième n'incluant pas les rabats avec, toujours, ladite marge.

Notez le magnifique agenda, parfait pour mon emploi du temps de ministre… 


Sur le tissu extérieur on marque le pli du milieu et des rabats à l'aide d'un fer à repasser ou, concernant ces derniers, en tirant un fil de la trame (pour coudre droit). On les rabat (ha, ha) endroit contre endroit (de manière que l'endroit se trouve à l'intérieur de l'espèce de fenêtre ainsi formée ; derrière les volets, en quelque sorte). On les ourle ou on les borde de biais. Pour en faciliter la pose on le pliera en deux avant de le repasser et de le bâtir sur les rabats.


On positionne la doublure, toujours endroit contre endroit, le cas échéant. Retourner le rectangle de sorte que cette dernière repose sur le plan de travail, puis déplier le tissu extérieur en maintenant la partie dévolue au rabat sur la doublure. Epingler les deux tissus, puis coudre sur la marque du pli.


Repositionner le tissu extérieur par-dessus, replier le deuxième rabat vers l'intérieur, de façon à former un tube. Epingler le deuxième rabat depuis l'intérieur puis le coudre, également depuis l'intérieur.


Retourner l'ouvrage à l'envers puis en épingler le haut et le bas en prenant soin de maintenir les rabats. Coudre le haut, positionner le cahier pour s'assurer de l'emplacement des coutures du bas.


Coudre le bas sans oublier de laisser une ouverture pour le retourner. Tailler les angles en biais, supprimer le surplus de tissu. Retourner, s'assurer que les angles sont bien marqués, fermer l'ouverture à petits points invisibles, laver si vous avez bien sué dessus, repasser, et hop ! c'est parti…


Un peu plus complexe à réaliser que le modèle précédent, il n'est pas révolutionnaire pour autant mais, tout comme lui, limite le nombre de pièces à tailler, permet de se passer d'un mètre de couturière et de noter toutes les dimensions. N'hésitez pas à poser des questions si j'ai manqué de clarté…



Pas d'utilisation commerciale, merci.